Les Maires désormais obligés d’accueillir les enfants de moins de 3 ans
Une nouvelle obligation pour les maires
Depuis leur élection en mars, les maires doivent désormais organiser l’accueil des enfants de moins de 3 ans sur leur territoire. Jusqu’à présent, cette compétence était facultative. Le maire pouvait choisir de s’en occuper s’il en avait la volonté et les moyens.
Ce changement s’inscrit dans la loi sur le plein emploi, entrée en vigueur en janvier 2025. Elle impose aux élus locaux de recenser l’offre existante, d’évaluer les besoins des familles, et de veiller à ce que toutes celles qui souhaitent une solution de garde puissent en bénéficier à terme.
Une gestion locale adaptée aux besoins
Les solutions d’accueil varient selon les régions. Les besoins ne sont pas les mêmes à Lille, en Ardèche ou dans les outre-mer. Dans l’Ouest, les familles se tournent souvent vers les assistantes maternelles, tandis qu’à l’est et au sud-est, elles privilégient les crèches. En zone rurale, il est difficile pour les parents de parcourir 40 kilomètres pour déposer leur enfant. La priorité est donc donnée aux petites structures et aux maisons d’assistantes maternelles.
Les maires ont aussi la responsabilité d’informer et d’accompagner les familles, tout en garantissant la qualité des services d’accueil.
Un enjeu économique et social majeur
Ce sujet est crucial pour le développement des territoires. Selon Élisabeth Laithier, il existe plusieurs obstacles, notamment le manque de professionnels. Beaucoup de berceaux dans les crèches restent vides faute de personnel qualifié. La France manque actuellement de 13 500 professionnels pour les crèches. De plus, la moitié des assistantes maternelles, soit environ 120 000, partiront à la retraite d’ici 2030. Il faudrait en recruter 15 000 chaque année, ce qui est difficile à réaliser. Par ailleurs, 15 000 femmes en majorité ne peuvent pas reprendre une activité faute de modes d’accueil adaptés pour leurs enfants.
Ce déficit en solutions d’accueil est aussi une des causes du déclin de la natalité en France.
Sur le plan local, la capacité d’accueil influence directement l’installation des familles, la vie professionnelle des parents, et la vitalité économique des communes. Favoriser l’accueil des jeunes enfants, c’est aussi encourager l’ouverture d’écoles, le développement des activités périscolaires et la revitalisation des territoires.
Enfin, la présidente du comité de filière Petite enfance souligne que les disparités d’accueil sont importantes : certaines communes proposent des places pour 85 % des tout-petits, d’autres seulement 17 %.


