Pensions : une réforme surprise pour mieux favoriser les mères en 2027

Le gouvernement envisage de modifier la majoration de pension pour les parents de trois enfants ou plus. Actuellement fixée à 10 %, cette mesure pourrait être révisée dans le cadre du prochain budget de la Sécurité sociale, afin de mieux favoriser les mères.

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a expliqué mardi sur Franceinfo qu’il souhaitait « regarder » cette majoration pour 2027. Il a souligné que, en moyenne, la pension des hommes est supérieure à celle des femmes. Selon lui, cela signifie qu’un enfant rapporte plus à un père qu’à une mère, ce qu’il considère comme injuste. Il travaille actuellement sur un texte pour harmoniser ces droits familiaux entre les sexes.

Une révision pour une meilleure justice sociale

Selon le cabinet de Jean-Pierre Farandou, la majoration de pension bénéficie aujourd’hui autant aux pères qu’aux mères. Cependant, étant donné que les femmes ont généralement des retraites plus faibles, les sommes versées aux pères sont souvent beaucoup plus élevées. La majorité des efforts financiers dans ce domaine sont aujourd’hui captés par les hommes, qui représentent environ deux tiers de cette solidarité familiale.

Le gouvernement affirme que la démarche n’a pas pour but de faire des économies. Il souhaite plutôt recentrer l’aide vers celles qui en ont le plus besoin, notamment les femmes ayant des carrières interrompues ou précaires. La priorité est de mieux reconnaître l’impact de la parentalité sur les droits à la retraite. Les décisions concrètes sur ce sujet ne sont pas encore prises.

Les avis des institutions et des organisations

Dans un rapport récent, l’Inspection générale des finances (IGF) et l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) ont proposé de remplacer la majoration de 10 % par un forfait de 125 euros. Cette proposition vise à réaliser 4,2 milliards d’euros d’économies sur les politiques familiales.

Face à ces propositions, la fédération Familles de France a appelé à ne pas faire payer aux familles nombreuses la correction des inégalités femmes-hommes. Elle insiste sur la nécessité de mieux prendre en compte les conséquences de la maternité sur les retraites, sans opposer mères et pères. La fédération souhaite éviter la création de nouveaux perdants parmi ces familles.

Un enjeu de politique et d’équité

Familles de France rappelle que la majoration de 10 % est une reconnaissance des impacts de l’éducation de plusieurs enfants. Elle met en garde contre une politique familiale qui deviendrait une simple variable d’ajustement budgétaire.

L’Union nationale des associations familiales s’interroge aussi : « À l’heure où la natalité baisse, pourquoi les familles nombreuses sont-elles à nouveau dans le viseur ? »

Pour finir, l’Unaf souligne que, sous prétexte d’égalité, cette révision pourrait entraîner de nombreux perdants parmi les familles nombreuses, ce qui soulève des questions sur l’équité et la solidarité dans la politique familiale.