Harcèlement scolaire: repĂ©rez les signaux avant qu’il ne soit trop tard
Troubles du sommeil, rejet de l’Ă©cole, affaires abĂ®mĂ©es ou anxiĂ©tĂ© face au tĂ©lĂ©phone : repĂ©rer un enfant victime de harcèlement n’est pas toujours Ă©vident. Voici les principaux signaux d’alerte comportementaux, physiques et numĂ©riques Ă ne pas minimiser.
DĂ©tecter le harcèlement scolaire est souvent complexe pour les parents. Par honte, par peur des reprĂ©sailles ou pour ne pas inquiĂ©ter leurs proches, la plupart des enfants gardent le silence Ă la maison et souffrent en silence. S’il n’existe pas de rĂ©action universelle, quelques comportements ou changements d’attitude peuvent indiquer un certain mal-ĂŞtre. Certains enfants cumulent plusieurs signaux au fil des semaines, tandis que d’autres n’en montrent qu’un seul, parfois très discret. Ces signes ne forment donc pas une grille infaillible, mais de simples repères pour guider les parents inquiets. Dès qu’un changement de comportement s’installe dans la durĂ©e, la vigilance s’impose.
1 – L’enfant ne veut plus aller Ă l’Ă©cole
Le harcèlement scolaire a des consĂ©quences sur la vie quotidienne de l’enfant. « Un Ă©lève, qui soudain, n’a plus envie d’aller en classe, ou traĂ®ne les pieds, n’est pas un tire-au-flanc », explique Nora Fraisse dans Stop au Harcèlement ! Il faut en effet porter attention Ă ce mal-ĂŞtre qui peut se caractĂ©riser par une difficultĂ© Ă se lever le matin, un rejet de l’Ă©cole, l’envie de rester Ă la maison, la crainte de prendre l’autobus scolaire, des retards ou mĂŞme des demandes d’argent de poche, pour cĂ©der Ă un racket par exemple. Votre enfant peut aussi vous demander de l’accompagner, exceptionnellement, devant la porte de l’Ă©cole, jusqu’Ă ce que les grilles s’ouvrent, ou de venir le chercher Ă la sortie le soir. D’autres manifestent des crises le dimanche soir, moment oĂą la perspective de retourner Ă l’Ă©cole le lundi matin devient insoutenable.
2 – L’enfant a des blessures, son matĂ©riel est dĂ©tĂ©riorĂ©
Il a beau vous rĂ©pĂ©ter qu’il est tombĂ© sans faire exprès, votre enfant n’est pas Ă ce point maladroit. Son matĂ©riel est rĂ©gulièrement vandalisĂ©, il vous demande une nouvelle trousse, car la sienne a pris l’eau « accidentellement », il perd ses cahiers, son manteau, il rentre Ă la maison avec des tâches de boue ou des Ă©gratignures. L’enfant va tenter de dissimuler ses blessures, quitte Ă mentir pour ne pas inquiĂ©ter ses parents.
3 – L’enfant est Ă©puisĂ© et prĂ©sente des troubles
Sa peur de se rendre en classe et d’affronter ses harceleurs peut se transformer par des troubles du sommeil ou de l’alimentation, des angoisses, des maux de ventre, des pleurs, des Ă©nurĂ©sies ou des nausĂ©es. Il doit constamment rester sur ses gardes, ĂŞtre vigilant Ă son environnement et cela l’Ă©puise. Il peut Ă©galement faire des cauchemars, dĂ©velopper de l’eczĂ©ma, perdre ses cheveux, avoir des dĂ©règlements hormonaux (notamment chez les filles, par exemple retard de règles) et mĂŞme connaĂ®tre un retard de croissance.
4 – L’enfant est isolĂ©
Un enfant victime de harcèlement s’isole peu Ă peu. « Il n’est pas invitĂ© aux anniversaires de ses petits camarades », et n’a les coordonnĂ©es de personne. S’il manque un cours et qu’il souhaite le rattraper, il ne saura pas qui contacter. Il aura tendance Ă jouer seul et Ă se mettre en retrait, parfois mĂŞme Ă se cacher dans les toilettes ou au CDI pendant la rĂ©crĂ©ation, Ă manger en vitesse Ă la cantine pour mieux se rĂ©fugier ensuite. Il tâchera d’Ă©viter les endroits frĂ©quentĂ©s par ses camarades de classe, et ne voudra pas fĂŞter son anniversaire Ă la maison.
5 – L’enfant est en Ă©chec scolaire
La victime peut avoir des difficultĂ©s Ă se concentrer en classe. L’Ă©cole, censĂ©e ĂŞtre l’endroit oĂą l’enfant se sent protĂ©gĂ©, devient alors dangereux pour lui. L’enfant a du mal Ă rester attentif. Il dĂ©croche, et cela se ressent dans ses rĂ©sultats scolaires. Lorsqu’il est en âge de le faire, il ira jusqu’Ă sĂ©cher les cours, sans avertir personne. En attendant, il peut aussi paraĂ®tre absent et soucieux, ĂŞtre agitĂ©, se plaindre, avoir une perte d’appĂ©tit ou devenir irritable et agressif.
6 – L’enfant est anxieux face aux Ă©crans
Avec les rĂ©seaux sociaux, le cyberharcèlement poursuit les Ă©lèves jusque chez eux. Sans mĂŞme regarder ses messages, certaines rĂ©actions peuvent alerter : sursaut ou stress Ă chaque notification, Ă©cran masquĂ© dès que vous entrez dans la pièce, ou bascule d’humeur soudaine après la lecture d’un message. MĂ©fiez-vous autant d’une consultation compulsive et inquiète que d’un dĂ©goĂ»t brutal pour son smartphone, du rejet d’une application qu’il adorait comme Snapchat ou WhatsApp, ou de sa sortie inexpliquĂ©e des conversations de groupe de sa classe.


