« Un cunni, un ami, les vacances… les dessous de mon meilleur orgasme » (Matilde, 31 ans)
Cet été, Matilde, 31 ans, est partie en vacances une semaine avec trois copains d’enfance, dont Gabriel, son meilleur pote. Jamais elle n’aurait cru que leur relation gagnerait en température. Pour elle, ça ne fait pas de doute : c’était un méga-orgasme, sa plus grande jouissance à ce jour. Détails et sensations.
J’ai connu Gabriel le timide, qui a 15 ans rougissait en classe, tremblait devant une fille et se passait des litres de Biactol sur le visage ! Puis j’ai découvert un Gabriel sûr de lui, devenu ingénieur, séducteur, drôle au possible. Lui et moi, nous nous connaissons depuis presque vingt ans. Nous avons toujours été complices, jamais amoureux. La question s’est déjà posée au lycée mais n’a jamais été d’une grande importance. Nous avons chacun vécu nos histoires d’amour et de sexe, et nous nous sommes raconté un tas de trucs intimes. Ça rapproche du même coup que ça éloigne. Tu es ravie d’entendre que ton meilleur ami couche avec trois nanas différentes la même semaine, aime les rondeurs et le sexe sous la douche, tout comme tu es flattée de savoir qu’il est déjà tombé amoureux en levrette. Mais tu en sais tellement que tu ne peux pas envisager être à la place de ces filles.
« Dès la première sieste, j’ai senti une tension sexuelle entre nous »
Nous sommes souvent partis en vacances ensemble, avec notre petit groupe d’enfance. Ski, campagne, plage. Toutes les ambiances. Cette année, nous avons remis ça, avec Lucie et Florian, qui eux sont en couple. Nous avons loué une maison paumée, près d’un lac, parce que pas chère. L’essentiel était d’avoir un jardin et de pouvoir se baigner.
J’ai senti une tension sexuelle dès le premier jour. Lucie et Florian sont partis faire des courses, je me suis retrouvée avec Gabriel à faire la sieste. Nous étions allongés sur un grand lit, fenêtre ouverte et énorme canicule. On lisait des bandes-dessinées, dans un parfait silence. Cette tension ne m’était pas inconnue. Par le passé, il nous est arrivé de nous endormir côte à côte après une soirée. L’envie de faire l’amour m’a déjà traversée l’esprit, du moins le corps. A chaque fois, il m’a semblé que c’était la même chose pour lui. Mais la raison me rattrapait toujours : non, c’est l’alcool, la fatigue, et c’est Gabriel. Si ce genre de pensées surgit, à mon sens, c’est parce que nous savons que ce n’est pas « possible ». C’est parce que je me suis toujours dit qu’il était mon meilleur ami et que j’ai toujours entendu que l’amitié homme femme avait ses limites qu’une petite voix pernicieuse s’est parfois amusée à me questionner. Pour moi, c’est la même chose que quand tu passes près de la voie ferrée et que tu te dis : et si je sautais ? Ce genre de pulsion bizarre liée à l’interdit finalement. Bref, cinq secondes plus tard, je passais à autre chose.
« J’avais envie de vivre, de m’amuser, de sortir de mon cadre et de fêter ma nouvelle vie »
Mais lors de cette sieste, l’idée « d’une parenthèse sexuelle » avec Gabriel persévérait et me surprenait. Est-ce que cette tension était réelle, et donc partagée ? Je n’en savais rien. Je n’avais pas fait l’amour depuis six mois, certes, mais surtout je venais de quitter mon job après six ans dans la même boîte à me sentir enfermée. A première vue, ça n’a pas vraiment de rapport, mais j’ai fait le lien : j’avais besoin de profiter. De vivre, de m’amuser, de sortir de mon cadre, de « fêter » ma nouvelle vie. Je voulais du nouveau, des changements, comme pour mieux opérer une rupture avec le passé. Et puis la chaleur dans la pièce, la vue par la fenêtre, le repos… L’ambiance était telle que j’étais apaisée, connectée à mon corps et au présent. Rien à voir avec la vie quotidienne, celle qui ne te laisse pas le temps de penser. Dans un cadre qui rime avec farniente, le sexe trouve sa place.
Il ne s’est rien passé lors de cette sieste. Les autres sont rentrés, nous avons déchargé les courses, préparé l’apéro. Le lendemain, après le déjeuner, chacun a choisi d’aller s’allonger avant une baignade au lac. Spontanément, Gabriel et moi nous sommes dirigés dans ma chambre, comme pour reproduire le tableau de la veille. La tension est revenue. Je regardais Gabriel et je le trouvais d’autant plus beau qu’il ne l’est. Mais encore une fois, il ne s’est rien passé. On a discuté, lu et dormi. Je pensais déjà à la sieste du lendemain.
« Je regardais ma peau dénudée et j’avais envie que Gabriel me touche »
Le troisième jour, j’avais envie que nos corps se rapprochent, grappillent des centimètres sur le matelas. Je ne me l’expliquais toujours pas. Oui, le manque de quelqu’un, oui le désir de « vivre », oui le cadre idyllique des vacances, oui ma peau toujours un peu dénudée… C’est marrant, c’est quand on se voit « un peu nue » que notre désir s’éveille. Je voulais qu’il me touche. Donc oui, plein de raisons pouvaient justifier mon envie de faire l’amour. Mais Gabriel. Justement, Gabriel. C’est là que je me suis dit que tous ces récits personnels sur le sexe et les rencontres me montaient peut-être à la tête. J’avais la liberté d’imaginer ce que je voulais, sachant que ce garçon a de grandes mains et plait aux filles. Tout ce que je savais de ses expériences – qu’elles soient authentiques ou arrangées – devenait excitant.
C’est le quatrième jour que nous avons fait l’amour, du moins des préliminaires, uniquement ça. Mais c’était un rapport sexuel. Nous étions allongés sur nos « flancs » et on parlait, nos visages tout près. Pas un bruit autour de nous. Lucie et Florian étaient dans le jardin ou bien au lac, nous n’en savions rien.
Source : Journal des femmes


