Adolescence : pourquoi le silence parental peut ĂȘtre plus dangereux que vous ne le pensez
Adolescence : l’importance de ne pas disparaĂźtre pour les parents
Lorsque votre adolescent se renferme dans sa chambre, rĂ©pond peu, ne parle quâĂ ses amis, vous pouvez avoir lâimpression quâil nâa plus besoin de vous ou quâil vous rejette. La psychothĂ©rapeute espagnole Cristina CortĂ©s Viniegra, spĂ©cialiste du trauma infanto-juvĂ©nile et auteure du livre En este mismo instante, met en garde : le vrai danger nâest pas cet Ă©loignement, mais le retrait des parents. Son message est clair : il est essentiel pour la sĂ©curitĂ© affective que les parents restent prĂ©sents Ă lâadolescence.
Une Ă©tape normale dâĂ©loignement, pas dâabandon
Selon Cristina CortĂ©s Viniegra, Ă partir de 5 ou 6 ans, les enfants accordent de plus en plus dâimportance Ă leurs amis. Ă lâadolescence, ils prĂ©fĂšrent clairement ĂȘtre avec leurs pairs plutĂŽt quâavec leurs parents. Ce mouvement dâindividuation est nĂ©cessaire pour devenir une personne autonome. Le jeune doit parfois penser diffĂ©remment de ses parents pour se construire. Ce nâest pas une trahison, mais une Ă©tape normale de dĂ©veloppement.
Ce processus dâĂ©loignement gĂ©nĂšre souvent des conflits : sorties, horaires, devoirs, utilisation du tĂ©lĂ©phone. Beaucoup dâadultes y voient des signes quâils ont ratĂ© quelque chose ou quâil vaut mieux lĂącher prise pour Ă©viter les tensions. La thĂ©rapeute invite Ă voir ces affrontements comme des essais pour tester le monde et la soliditĂ© du cadre parental.
Rester un repÚre sans étouffer
Pour Cristina CortĂ©s Viniegra, il est crucial que les parents ne disparaissent pas durant cette pĂ©riode. Elle conseille de poser des rĂšgles et des limites, en les adaptant selon chaque situation. Rester prĂ©sent, câest montrer Ă lâadolescent quâon sâintĂ©resse sincĂšrement Ă sa vie, quâon est disponible pour Ă©couter, tout en conservant son rĂŽle dâadulte qui fixe un cadre. Il ne sâagit pas de tout contrĂŽler, mais de rester une prĂ©sence fiable, mĂȘme si la porte claque parfois.
Elle insiste aussi sur la nĂ©cessitĂ© pour les parents de prĂ©server leur Ă©nergie. Tenir tĂȘte Ă un adolescent peut demander beaucoup dâefforts. Si les parents cĂšdent trop rapidement pour Ă©viter le conflit, cela peut poser problĂšme. Cristina CortĂ©s Viniegra recommande de choisir ses batailles : identifier ce qui est non nĂ©gociable et laisser une marge sur dâautres points. Apprendre Ă nĂ©gocier, câest aussi apprendre Ă faire des compromis, ce qui renforce la relation.
Comprendre le cerveau adolescent et gérer la fatigue parentale
La spĂ©cialiste rappelle que le cerveau de lâadolescent est en dĂ©sĂ©quilibre. Sa partie Ă©motionnelle est trĂšs active, tandis que la zone de freinage est encore fragile. Elle compare cela aux colĂšres de la petite enfance. Face Ă cette agitation et au stress que cela peut provoquer chez les parents, beaucoup se rĂ©fugient dans les Ă©crans. Cristina CortĂ©s Viniegra met en garde : cette pratique ne permet pas de se rĂ©guler. Elle ne fait que maintenir le cerveau en tension, empĂȘchant le repos.
Avant de nĂ©gocier les rĂšgles avec leur adolescent, il est conseillĂ© aux parents de prendre quelques minutes pour respirer et se recentrer. Cela favorise une attitude calme et renforcera leur autoritĂ©, sans avoir besoin dâĂȘtre constamment prĂ©sents. Ătre disponible et serein est la clĂ© pour traverser cette pĂ©riode de transition.


