Luttes d’une mère pour faire toute la lumière sur la mort de son fils

Le combat d’une mère pour faire avancer l’enquête

Le 13 novembre 2013, le corps de Louis Greth, âgé de 14 ans, est retrouvé sans vie dans une ferme à Pontpoint (Oise). Il a été suspendu à une corde, une scène qui a bouleversé sa mère, Sylvie Kellens. La dernière image qu’elle a de son fils est celle d’un samedi après-midi, quittant la maison avec son chien, avant de le retrouver pendu peu de temps après.

Depuis ce drame, Sylvie Kellens ne cesse de se battre pour obtenir des réponses. Elle passe ses nuits à étudier le dossier, et ses journées à prier pour que son fils repose en paix. Elle se rend régulièrement sur sa tombe pour lui demander de lui donner la force de continuer à chercher la vérité.

Une enquête aux contours changeants

Initialement, la mort de Louis a été considérée comme un suicide. Cependant, les investigations ont rapidement évolué vers la possibilité d’un meurtre déguisé en acte volontaire. En 2018, l’enquête a été classée sans suite, avant d’être rouverte en 2021 pour homicide volontaire.

Malgré la réouverture, plus de 12 ans après, l’enquête est toujours en cours au parquet de Senlis. Sylvie Kellens dénonce une lenteur et une absence d’avancée concrète. Elle craint que le dossier ne soit classé sans suite, faute d’investigations approfondies.

Elle affirme : « Comment peut-on bâcler une enquête sur la mort d’un enfant ? Où est l’humain, là-dedans ? » Elle souhaite que le dossier soit transféré au pôle « cold case » de Nanterre, spécialisé dans les affaires non résolues et complexes, pour accélérer les démarches.

Son avocate, Me Najwa El Haïté, soutient cette démarche. Selon elle, cette affaire présente tous les critères pour être prise en charge par ce pôle, notamment son ancienneté et sa complexité. La mère de Louis espère ainsi faire avancer la justice.

Les éléments matériels et les indices

Le matin de la tragédie, Louis préparait un séjour chez un ami. Il avait tout prévu : affaires de toilette, sac de couchage, voiture télécommandée. Sa mère devait le récupérer vers 14 heures, mais l’ami lui annonce un retard. Louis décide alors d’aller nourrir leur chèvre dans la ferme située à quelques mètres de leur maison.

À son arrivée, Sylvie Kellens remarque que la chaîne du portail n’est pas dans sa position habituelle. Elle se fait immédiatement du souci. En entrant dans la ferme, elle découvre son fils pendu dans un appentis, pieds au sol, jambes fléchies.

Elle tente de lui porter secours : coupe la corde, lui fait du bouche-à-bouche, mais ne peut pas joindre les secours. Lorsque les pompiers arrivent, ils ne peuvent que constater son décès.

Les éléments qui soulèvent des doutes

Les premières investigations ont rapidement conclu à un suicide. Aucun examen médico-légal approfondi n’a été demandé à l’époque, ce que Sylvie Kellens conteste fermement. Elle affirme que Louis était en pleine forme, avec des projets pour la journée et ne montrait aucun signe de dépression.

Plusieurs détails laissent penser à une autre version des faits. Par exemple, le poêle à pellets dans la ferme était rempli de pellets, mais le couvercle était laissé ouvert, ce qui est inhabituel. La paire de lunettes de Louis, trouvée à ses pieds, présente des dégâts qui pourraient indiquer qu’il a reçu un coup ou qu’il est tombé.

Une trace de brûlure de cigarette sur son avant-bras gauche, alors que Louis ne fumait pas, intrigue également. La façon dont la corde a été laissée, contournant le cou au lieu de monter vers le haut, soulève des questions. Enfin, un véhicule utilitaire blanc a été aperçu par une voisine peu après la mort, ce qui alimente les suspicions.

L’ADN inconnu et les pistes non exploitées

Au fil des années, Sylvie Kellens pense que son fils a été victime d’un cambriolage qui aurait mal tourné. Elle évoque un moment où Louis aurait vu des intrus dans la ferme et aurait tenté de leur faire obstacle.

En 2018, un profil ADN masculin trouvé dans un véhicule lié à une affaire de vol à la roulotte proche de la ferme correspondait à celui découvert sur la lanière du nœud coulant. Ce lien est considéré comme un élément clé par l’avocate de Sylvie Kellens. Cependant, cet ADN ne correspond à aucun suspect connu, rendant l’enquête difficile.

Des analyses complémentaires sont en cours, mais la mère de Louis et son avocate attendent toujours les résultats. La lenteur de la justice et le manque de pistes concrètes alimentent leur frustration.

Une relance possible par le pôle « cold case »

Aujourd’hui, Sylvie Kellens espère que le dossier sera transféré au pôle « cold case » de Nanterre, spécialisé dans les affaires non résolues. Selon elle, les critères sont réunis : ancienneté de l’affaire et complexité. Une magistrate du pôle aurait donné son accord pour reprendre le dossier si le parquet de Senlis s’en désistait.

Le procureur de la République de Senlis n’a pas répondu à nos sollicitations. La mère de Louis a lancé une pétition pour soutenir sa démarche, espérant obtenir justice et respect pour son fils.