Manque de sommeil et libido : comment une seule nuit courte paralyse-t-elle vos hormones sexuelles ?

Le manque de sommeil peut faire baisser le désir sexuel en influant sur le système endocrinien. Découvrez ce qui se passe dans votre corps au niveau des hormones sexuelles quand vous ne dormez pas assez.

Le rythme circadien, qui n’est autre que notre horloge interne, régule (parmi tant d’autres choses) la production hormonale, dont les hormones sexuelles. Ce rythme est calé sur un cycle de 24 heures avec une période d’éveil et une période de sommeil. Le manque de sommeil est un facteur qui peut perturber cette régulation hormonale et a fortiori, la libido.  

L’effet direct de la privation de sommeil sur la sécrétion de testostérone

La testostérone est une hormone qui joue un rôle important dans le désir sexuel, aussi bien chez l’homme que chez la femme. Un taux élevé de testostérone dans le sang est associé à une libido augmentée tandis qu’un taux bas de testostérone est associé à une libido en berne. Plusieurs facteurs peuvent influer sur cette hormone, notamment le sommeil. Une étude publiée dans la revue JAMA en 2015 s’était intéressée aux effets du manque de sommeil sur les niveaux de testostérone chez l’homme. 

Ces travaux avaient montré qu’une semaine de restriction de sommeil (5 heures par nuit) avait fait baisser le taux testostérone de 10 à 15% par rapport aux nuits normales. Les participants à cette étude avaient observé une diminution de leur énergie, de leur vigueur et de leur désir sexuel. 

Une désynchronisation de l’axe hypothalamo-hypophysaire

Ce lien entre sommeil et libido a aussi été observé chez les femmes. Une étude publiée dans la revue The Journal of Sexual Medicine a montré que plus la durée de sommeil était longue pour une nuit donnée, plus le désir sexuel féminin le lendemain était élevé. Chaque heure de sommeil supplémentaire augmentait la probabilité de relations sexuelles de 14%. Cela suggère qu’un manque de sommeil nuit au désir et à l’activité sexuelle chez les femmes. 

Cet impact négatif de la privation de sommeil sur les hormones sexuelles, observé chez l’homme et chez la femme, est la conséquence d’une désynchronisation de l’axe hypothalamo-hypophysaire. L’hypothalamus et l’hypophyse sont deux parties du cerveau qui communiquent entre elles pour coordonner les connexions entre le système nerveux central et le système endocrinien (celui qui produit les hormones). La perturbation du sommeil dérèglent ces connexions qui contrôlent les hormones, en réduisant notamment la sécrétion de hormones liées à la libido. 

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Source : Futura sciences