Candaulisme : définition, principes, risques
Pratique sexuelle qui sort des cases de l’hétérosexualité classique, le candaulisme désigne l’excitation érotique qu’une personne va avoir en imaginant ou en observant son ou sa partenaire prendre du plaisir sexuel avec quelqu’un d’autre. Explications avec une sexologue.
Une pratique dont on parle de plus en plus, mais qui n’est pourtant pas si nouvelle. La candaulisme s’impose aujourd’hui comme l’un des spectres de la sexualité libertine. Le mot tire son origine de Candaule, un roi semi-légendaire ayant régné au VIIIe siècle avant JC : d’après la légende, il exposa à son insu sa femme, qu’il trouvait plus belle que les autres, au regard de Gygès, un officier de sa garde. Un geste qui s’est retourné contre lui puisque pris sur le fait par l’épouse, Gygès se vit proposer d’être exécuté, ou bien de tuer le roi Candaule, d’épouser sa femme et de monter sur le trône. Sa décision fut rapidement prise.
Aujourd’hui, le candaulisme désigne une pratique sexuelle où une personne éprouve une excitation érotique à l’idée de voir ou d’imaginer son ou sa partenaire avoir un rapport sexuel avec quelqu’un d’autre, où du moins être exposé au regard des autres “en grande majorité à caractère sexuel”, confirme Gabrielle Adrian, sexologue clinicienne à Lyon. Le tout avec le consentement mutuel des deux membres du couple.
En anglais, on parle également de “cuckholding”, une pratique où le rapport sexuel se fait avec une ou plusieurs personnes devant le regard consentant du partenaire. “Cette pratique va toutefois au-delà du pur aspect sexuel, notamment parce que le partenaire va créer le contexte favorable à la relation sexuelle, notamment en achetant des vêtements valorisants ou encore en payant des chambres d’hôtel”, détaille la sexologue.
« Aujourd’hui, la parole se libère sur la sexualité et les stéréotypes »
Pourquoi le candaulisme est en vogue ?
La sexologue nous le confirme : au sein de son cabinet, elle voit de plus en plus de candaulistes. Mais pourquoi ? “Aujourd’hui, la parole se libère sur la sexualité et les stéréotypes, indique Gabrielle Adrian. Les couples ont envie de sortir, de tester de nouvelles choses.” La question centrale du couple, c’est comment répondre à nos désirs pour que le désir du couple reste vivant et que le mariage reste intact, sans lassitude ni routine. Une façon, pour la sexologue, de faire durer son couple.
Quelle est la psychologie d’une personne candauliste ?
Si le fantasme candauliste peut, de prime abord, en dérouter certains, Gabrielle Adrian affirme qu’il est en fait plutôt sain. “Le fait d’être excité à l’idée de voir son ou sa partenaire avec quelqu’un d’autre redonne une forme de valeur érotique à quelque chose devenu familier, indique la sexologue. Lorsqu’on est en couple, et encore plus depuis longtemps, on a tendance à oublier qu’on a en face de soi une personne indépendante et sexuelle, et surtout qui peut être séduite par quelqu’un d’extérieur. La distance est ultra bonne pour le désir, et le candaulisme vient réintroduire cette distance”, continue-t-elle.
Le candaulisme montre également une forme d’ouverture d’esprit, notamment parce qu’il sort des cases de l’hétérosexualité classique. “Il s’agit d’un des spectres de la sexualité libertine et peut représenter les variations complexes que s’offrent des couples dans leur intimité”, ajoute la sexologue.
Candaulisme : quel impact sur le couple ?
Tant qu’il est consenti et discuté par les deux partenaires, le candaulisme peut avoir un impact bénéfique sur la vie de couple. “En prenant conscience que son partenaire est désiré par quelqu’un d’autre, on retrouve sa valeur qu’on avait peut être oubliée ou prise pour acquise pendant un certain temps”, rappelle Gabrielle Adrian. La jalousie peut faire partie du fantasme, une jalousie saine qui permet de retrouver le désir qui s’était étiolé – comme il peut s’étioler dans un couple hétérosexuel et monogame : la jalousie permet de désirer la personne à nouveau, de la voir avec des yeux nouveaux et de la retrouver sexuellement.
L’importance du consentement
Attention à ce que la pratique soit consentie par chacun des deux partenaires. “C’est en cela que le candaulisme va se distinguer du voyeurisme ou de l’exhibitionnisme, qui consiste en une observation ou une imposition non consentie et non désirée”, rappelle la spécialiste. Tant qu’elle est discutée et que des limites claires sont posées, notamment dans le type de pratiques autorisées (pénétration, sexe oral, anal…), la pratique peut rester saine.
Source : Femme actuelle


