Apprendre la frustration aux enfants avec le code de la route familial
Le « code de la route » familial : une méthode surprenante pour apprendre la frustration aux enfants
Et si le code de la route pouvait servir à enseigner la gestion de la frustration aux enfants ? C’est la proposition inattendue d’un psychologue qui souhaite utiliser cette approche pour mieux éduquer.
Gérer les émotions, en particulier la frustration, est l’un des défis majeurs pour les parents. Lorsqu’un enfant ne peut pas avoir une glace ou un dessin animé supplémentaire, il peut devenir colérique, pleurer ou faire une crise. Ces situations provoquent souvent des cris ou des larmes, tant chez l’enfant que chez les parents. Si hausser le ton peut parfois calmer la situation, cela ne règle pas le problème en profondeur. La parentalité bienveillante, qui privilégie le câlin pour apaiser, ne donne pas toujours de résultats durables à long terme.
Dans l’émission Zoom Zoom Zen sur France Inter, le psychologue Didier Pleux critique ce qu’il appelle les « déviances de l’éducation positive à la française ». Selon lui, cette tendance a affaibli l’autorité parentale et empêché les enfants d’apprendre que « l’on ne fait pas toujours ce que l’on veut ». Pour remédier à cela, il propose une méthode qu’il qualifie de « l’autorité en amont ».
Une règle claire dès le départ : le « code familial »
Inspiré du code de la route ou des lois, ce « code familial » consiste à établir des règles claires avec des conséquences proportionnelles. Didier Pleux compare cela à une amende pour un comportement dangereux : si on ne sanctionne pas une infraction, celle-ci risque de se reproduire. Il explique qu’il ne faut pas seulement faire preuve de bienveillance dans l’éducation, mais aussi poser des limites fermes.
Il donne l’exemple d’un policier qui arrête quelqu’un pour avoir grillé un feu rouge : si l’on ne lui donne qu’un avertissement, il est probable qu’il recommencera. « On ne peut pas être bienveillant quand quelqu’un passe un feu rouge », souligne-t-il, en critiquant l’approche qui évite la sanction.
L’idée est donc de créer des règles précises, avec des conséquences adaptées aux erreurs de l’enfant, comme le montant d’une amende est lié à la gravité de l’infraction sur la route. Même si l’on ne parle pas d’amendes pour les enfants, l’objectif est de leur faire comprendre qu’il y a des limites. Cela peut prendre la forme d’un « bocal des gros mots », où l’on dépose une pièce chaque fois qu’un mot interdit est dit. Chaque famille peut ainsi élaborer son propre code, selon ses valeurs et ses besoins.
Une approche ni radicale ni punitive
Pour ceux qui trouvent cette méthode trop stricte, Didier Pleux insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de « dresser » ou de « jouer les flics ». Son but est plutôt d’aider l’enfant à augmenter son seuil de tolérance à la frustration et à comprendre le principe de réalité. Il souligne que la vie comprend de nombreuses choses que l’on n’aime pas faire, comme ranger sa chambre ou manger ses légumes. Il est essentiel d’apprendre cela dès le plus jeune âge, pour que l’enfant saisisse qu’il existe des limites et des contraintes dans la vie.


