Je suis le partenaire sexuel d’un couple (mais je ne suis pas en trouple)
À 33 ans, Laurine est devenue la « licorne » d’un couple libertin. Elle ne fait pas partie du couple mais les rejoint quelques nuits dans l’année pour vivre une expérience sexuelle inédite… à trois.
Je ne suis pas un animal mythologique pourtant, je suis une « licorne » (personne qui se joint à un couple existant). Depuis plus d’un an, j’ai intégré l’intimité d’un couple, sans pour autant être dans un couple à trois. Le temps d’une expérience sexuelle, je participe à un trio, avant de reprendre ma vie sans eux. Je me suis longtemps intéressée au libertinage, sans sauter le pas. En France, je me sentais restreinte, je n’osais pas. C’est en voyageant et en partant vivre à l’étranger, au Canada, que j’ai découvert un monde très bienveillant et accessible. J’avais envie de faire l’amour avec un couple, je voulais être la « licorne » d’un couple heureux et amoureux. Je me suis donc inscrite sur une application de rencontres dédiée au libertinage. J’ai matché avec le profil d’un couple, lui dans le milieu libertin depuis 30 ans, elle plus novice, a rejoint cet univers il y a 5 ans. Ils entretiennent des relations avec d’autres personnes et participent à tout un tas de soirées libertines.
J’étais nerveuse, je me demandais si j’allais leur plaire…
Après avoir matché, nous avons convenu de notre première rencontre dans un bar. L’occasion était de découvrir si on se plaisait physiquement et si nos envies étaient similaires. C’était ma première expérience avec un couple, mais aussi ma première rencontre par application. Après 12 ans de vie commune avec mon ex, je n’avais jamais essayé les sites de rencontres, alors j’étais un peu stressée. J’étais nerveuse, je me demandais si j’allais leur plaire… Quand je les ai rencontrés, ils m’ont tout de suite plu. Nous avons discuté de choses et d’autres, de ce que l’on recherchait, eux, des relations qu’ils avaient déjà eues et de ce qu’ils aimaient sexuellement. De la même façon, nous avons abordé notre vision de cette relation, nous étions tous les trois d’accord sur le fait que nous ne voulions pas une histoire d’une nuit, mais quelque chose de suivie sur le long terme.
Les termes du jeu ont été établis, chacun a son rôle
Suite à cela, nous avons fixé des règles claires, qui nous correspondent. Les termes du jeu ont été établis, on a des rôles, on joue de manière sexuelle. Entre nous, c’est facile et fluide, on est très à l’aise pour parler de tout et on rediscute des règles régulièrement. Cela fait donc plus d’un an que je suis en relation avec ce couple. Nous ne sommes pas un trouple, je ne fais pas partie de leur relation amoureuse, mais je suis leur licorne : je joue sexuellement avec eux et on ne partage rien d’autre. Il n’est pas question de partir en week-end, en vacances ou d’habiter ensemble. On a nos habitudes, mais elles peuvent évoluer. Par exemple il y a quelques mois, on a testé tous les trois un club libertin. On a des agendas bien remplis, eux ont d’autres relations – toujours en couple, cela fait partie de leur règle, ils ne fréquentent personne individuellement. On arrive alors à se voir tous les 2 à 3 mois et continuellement chez eux. On veut que ce soit un beau moment, pas seulement une ou deux heures, mais bien avoir toute la soirée pour que ça dure le plus longtemps possible. On prévoit de ne pas travailler le lendemain pour profiter de la soirée.
Je ne dois pas tomber amoureuse
Parmi nos règles, il y a celle de ne pas tomber amoureux, moi, de l’un des membres du couple et eux de moi. Si cela devait arriver, il faudrait en parler, car sur le principe, les sentiments doivent être partagés de façon équitable. C’est difficile de continuer si on ressent ça pour quelqu’un et que ce n’est pas réciproque. De la sorte, je n’ai pas de sentiments amoureux pour ce couple. Je trouve ça agréable d’être au cœur de deux personnes qui s’aiment autant. Pour moi, c’est idéal, car il n’y a pas trop d’investissement, pas d’attente particulière, tout ce qu’ils m’offrent correspond à ce que je veux. Quand on ne se voit pas, il peut arriver que l’on prenne des nouvelles. Par exemple, quand ma grand-mère est décédée ou quand un membre du couple a changé de travail, on a discuté un peu par message, mais cela s’arrête là. On ne communique que tous les trois, je n’écris jamais juste à l’un ou à l’autre et ils ne le font jamais individuellement.
Source : Journal des femmes


