Slow sex : 5 réflexes simples pour déconnecter le cerveau et reconnecter le corps

Oubliez les quickies et le sexe à la va-vite. Cet été, on se reconnecte sur soi-même, et on réapprend à prendre son temps pour savourer son plaisir, avec des conseils de pro pour ralentir le rythme.

Que ce soit à cause des injonctions de la société à avoir du sexe bestial et endiablé, ou à cause de l’influence de la pop culture et de la pornographie, où les positions s’enchaînent et les « préliminaires » passent à la trappe au profit de la pénétration, on oublie trop souvent de prendre son temps au lit. Pourtant, ralentir le rythme est le meilleur moyen de lâcher prise, mais aussi d’apprendre à découvrir le corps de l’autre, comme le sien.

Pour réapprendre à prendre son temps, le slow sex est l’idéal. Découvrez comment le pratiquer à travers les conseils d’expertes.

Réflexe n°1 : oublier les injonctions et la pénétration

Pour Fanny Gueugnon, sexologue, la première étape pour ralentir le rythme est de se rappeler que la sexualité est entourée d’injonctions dont il serait temps de se départir. « Pour moi, le slow sex ne consiste pas simplement à ralentir le rythme. C’est une invitation à sortir de deux injonctions encore très présentes dans notre sexualité : celle de la performance et celle d’une sexualité centrée sur la pénétration.« 

Que ce soit l’injonction de la performance, celle de l’orgasme à tous les coups ou de l’orgasme simultané, ici, on met tout de côté pour se concentrer sur l’exploration du désir et de plaisir, sans s’imposer de jouir à tous les coups.

La spécialiste précise : « On nous a longtemps appris qu’un rapport sexuel suivait un scénario bien précis : les « préliminaires », la pénétration, puis l’orgasme. D’ailleurs, en sexologie, on utilise de moins en moins le terme « préliminaires », car il laisse entendre que tout ce qui précède n’aurait d’intérêt que parce qu’il conduit à la pénétration. C’est une vision très réductrice de la sexualité. La pénétration est une pratique sexuelle parmi d’autres, elle n’a pas à être le centre de toute la vie sexuelle. »

Réflexe n°2 : prendre du plaisir en musique

Pour Léa Toussaint, sexothérapeute, l’un des meilleurs moyens de ralentir le rythme est de se calquer sur quelque chose de tangible. « Utiliser de la musique permet de suivre le rythme des différents sons pour caler sa respiration dessus, mais aussi pour contracter son périnée », précise-t-elle.

Une bonne occasion non seulement de ralentir le rythme sans y penser, puisque l’on se laisse guider, de rajouter une forme de sensorialité par le son, mais aussi de synchroniser son rythme à celui de son ou sa partenaire à travers un support commun, qui crée une connexion unique.

Réflexe n°3 : pratiquer l’edging

Comme Fanny Gueugnon, Léa Toussaint milite pour le fait de décentrer le rapport sexuel de la course à l’orgasme, et de ne pas faire de la jouissance une finalité. « La pratique de l’edging permet de différer l’orgasme en faisant monter et redescendre le plaisir consciemment », rappelle-t-elle.

La pratique permet donc de ralentir le rythme puisque l’on ne se presse pas pour jouir à tout prix, mais aussi d’intensifier les sensations : « L’edging permet aussi de conscientiser son plaisir, et de pouvoir rester dans l’état qui se situe juste avant l’orgasme pendant longtemps. » Et donc d’en profiter davantage.

Réflexe n°4 : élargir sa vision de la sexualité

Fanny Gueugnon le rappelle : aujourd’hui encore, le sexe est trop souvent vu sous le même prisme, celui de la pénétration comme finalité, et c’est détrimentaire au plaisir, en particulier pour les femmes. « Le slow sex est justement une façon d’élargir cette définition. C’est un retour à une sexualité plus sensorielle, où l’on prend le temps de ressentir plutôt que d’enchaîner les étapes. C’est redonner de la valeur à un regard, un baiser, une caresse, un massage, une respiration, un silence, sans avoir le sentiment qu’il faut forcément aller plus loin. À mes yeux, la sexualité se construit aussi dans le quotidien : dans la façon dont on se parle, dont on se regarde, dont on se touche, dont on prend soin l’un de l’autre. Une douche prise ensemble, un massage, une caresse, un fou rire ou même une danse improvisée dans le salon nourrissent déjà l’intimité », souligne-t-elle.

« C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il m’arrive parfois de proposer à certains couples d’arrêter de faire l’amour… ou plutôt d’arrêter de faire l’amour tel qu’ils le connaissent. Non pas pour renoncer à leur sexualité, mais pour sortir du scénario habituel et expérimenter le slow sex autrement. »

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Source : Marie Claire