La pilule n’est plus la reine de la contraception en France

La pilule contraceptive n’est plus la méthode la plus utilisée par les femmes en France. C’est une première dans le pays, selon un rapport publié le 26 mai par Santé Publique France.

Une forte baisse de l’usage de la pilule

En 2023, seulement 26,6 % des femmes prennent la pilule, contre 56 % en 2000. Pour cette étude, les chercheurs ont interrogé 21 259 personnes âgées de 15 à 89 ans, entre novembre 2022 et janvier 2024. Parmi elles, 4 420 femmes âgées de 18 à 49 ans ont répondu à un questionnaire sur leur contraception. Au fil des années, les pratiques ont considérablement évolué.

Les méthodes contraceptives privilégiées aujourd’hui

Malgré tout, 64,4 % des femmes utilisent encore une méthode contraceptive médicalisée. La plus populaire est désormais le dispositif intra-utérin, communément appelé « stérilet », choisi par 27,9 % d’entre elles. La stérilisation (5,2 %), l’implant (4,3 %), ou encore le patch et l’anneau (0,4 %) sont également utilisés.

En dehors des méthodes médicalisées, 18,2 % des femmes se contentent d’utiliser des préservatifs. Certaines optent aussi pour des méthodes naturelles, comme le retrait ou l’observation du cycle, à hauteur de 7,2 %. Enfin, 1,8 % utilisent des dispositifs comme la cape cervicale ou le diaphragme. Près de 8,3 % des femmes à risque de grossesse n’ont aucune contraception en place. Selon les experts, cette absence ou ce recours à des méthodes non médicalisées est souvent lié à une faible activité sexuelle ou à des souhaits nuancés de maternité.

Les raisons de la désaffection pour la pilule

Les auteures de l’étude expliquent que la baisse de l’usage de la pilule s’explique en grande partie par la médiatisation des risques thrombo-emboliques depuis 2012. De plus, de nombreuses femmes expriment une insatisfaction face aux méthodes hormonales, en raison d’effets secondaires physiques, de troubles de la santé mentale, de perturbations du cycle ou de préoccupations concernant la fertilité et les risques à long terme.

Les choix contraceptifs sont aussi influencés par des facteurs sociologiques. Certains recherchent une approche plus « naturelle », refusent la médicalisation ou s’engagent dans une démarche écologique, considérant parfois les hormones comme des perturbateurs endocriniens. La question du partage de la charge contraceptive entre les sexes, soutenue par le mouvement féministe, contribue également à cette évolution.