Crédit et dettes : le cauchemar d’une mère à 1200 € par mois

Une mère de deux enfants, Sabrina, a récemment raconté sa situation sur l’émission espagnole « Y ahora Sonsoles », diffusée par la chaîne Antena 3. Elle gagne 1 200 € par mois, mais doit déjà rembourser la même somme en crédits. Elle explique être « entièrement à découvert », submergée par plusieurs dettes qui absorbent la quasi-totalité de ses revenus.

Lorsque les remboursements de crédits à la consommation approchent ou dépassent le montant du revenu, le risque de surendettement devient sérieux. Selon l’émission, 60 % des Espagnols financent leurs achats par des crédits, puis rencontrent des difficultés pour les rembourser. Ce phénomène n’est pas propre à l’Espagne : en France aussi, de nombreuses personnes découvrent trop tard que des mensualités fractionnées ou des petits crédits ont épuisé leur budget.

Surendettement : quand les crédits absorbent tout le salaire

En droit français, le surendettement concerne une personne incapable de faire face durablement à l’ensemble de ses dettes non professionnelles. Les signaux d’alarme se manifestent souvent par un découvert bancaire récurrent, l’incapacité à payer le loyer ou l’électricité, des prélèvements rejetés ou des relances multiples. Lorsque la somme des mensualités se rapproche du revenu total, comme pour Sabrina, la situation devient critique.

Les crédits renouvelables, mini-crédits et offres de paiement fractionné jouent un rôle insidieux. Chaque contrat semble modeste, avec quelques dizaines d’euros à rembourser chaque mois, mais cumulés, ils réduisent fortement la « capacité financière » restante. Selon le site officiel Service-Public, le prêteur doit vérifier la solvabilité de l’emprunteur, notamment en consultant le fichier des incidents de remboursement (FICP). Quand ces contrôles sont ignorés ou contournés, la fragilité financière peut exploser.

Une petite mensualité, une spirale vers le surendettement

Le journal régional Le Progrès relate le parcours de Bruno, qui a sombré dans la dette après avoir commencé par payer ses courses à crédit. Avec le temps, il a accumulé sept crédits, totalisant environ 50 000 €, avec des taux d’intérêt pouvant atteindre 18 %. La honte, la peur d’en parler à ses proches et le sentiment d’échec alimentent le stress, les insomnies et les disputes familiales.

Selon les données de la Banque de France publiées en 2025, 88 % des ménages en situation de surendettement sont locataires et ont des revenus modestes. Beaucoup d’entre eux ont plusieurs crédits, des factures impayées, voire des dettes de loyer. La situation affecte aussi leur santé mentale, avec des ruminations constantes sur l’argent, une perte de perspective et un isolement social accru.

Les recours possibles et les évolutions en 2026

Pour faire face à ces difficultés, le ministère de l’Économie et des Finances ainsi que Service-Public recommandent de réagir rapidement. Quatre démarches prioritaires sont à envisager :

  • Vérifier si l’assurance emprunteur peut couvrir tout ou partie des mensualités en cas d’accident de vie.
  • Contacter l’organisme prêteur pour demander un report d’échéance ou un rééchelonnement du crédit.
  • Saisir le juge pour obtenir un délai de grâce, pouvant aller jusqu’à deux ans, afin de suspendre ou réduire temporairement les paiements.
  • En cas de difficultés importantes et durables, déposer un dossier auprès de la commission de surendettement de la Banque de France.

La commission cherche à élaborer un plan réaliste, en assurant un « reste à vivre » suffisant pour les dépenses essentielles. Selon un communiqué de la Banque de France, il faut en moyenne un peu plus d’un mois pour étudier la recevabilité du dossier, puis environ quatre mois pour proposer une solution, comme un réaménagement ou un effacement partiel des dettes.

Une ordonnance du 3 septembre 2025, relayée par Service-Public, prévoit qu’à partir du 20 novembre 2026, les mini-crédits et paiements en plusieurs fois seront soumis aux mêmes règles que le crédit à la consommation. Ces règles renforceront le contrôle de la solvabilité et amélioreront l’information des emprunteurs, afin de limiter les engrenages silencieux qui piègent de nombreux foyers.