Ce mot magique pour calmer votre enfant en un instant
Le mot qui apaise le plus rapidement : « maintenant »
Face à un enfant en pleurs ou inconsolable, de nombreux parents se sentent démunis. Pourtant, il existe un mot simple qui peut aider à calmer la situation : « maintenant ». Selon des spécialistes, ce terme permet de recentrer l’attention de l’enfant sur le moment présent.
Le Dr Rebecca Weksner, psychologue clinicienne spécialisée en pédiatrie et parentalité aux États-Unis, explique que « le “maintenant” offre la perspective nécessaire pour se rappeler que les sentiments ne sont pas des faits et ne durent pas éternellement. Les émotions fluctuent, vont et viennent ». En utilisant ce mot, l’enfant peut mieux comprendre que sa détresse n’est pas permanente.
Ce terme aide aussi le cerveau de l’enfant ou de l’adolescent à « dépasser l’intensité de sa détresse et à anticiper le moment où il se sentira mieux ». Cela ne résout pas tout instantanément, mais cela atténue souvent son mal-être, lui permettant de retrouver ses capacités à gérer ses problèmes. Selon l’experte, cette approche est souvent plus efficace que de tenter de raisonner l’enfant avec une logique d’adulte.
Articuler calmement et à voix basse
Cependant, l’expression « maintenant » ne suffit pas à elle seule. Il est conseillé de l’accompagner d’autres techniques pour aider l’enfant à se calmer. Chez les tout-petits, parler à voix basse et lentement peut être très efficace.
Le Dr Weksner recommande de baisser la voix d’un octave et de se mettre à la hauteur des yeux de l’enfant. Cela montre, sans paroles explicites, comment se calmer. Parler plus lentement permet à son cerveau, qui peut être agité, de mieux assimiler les mots, car un cerveau en surcharge a plus de difficulté à traiter le langage.
Utiliser la diversion et donner des instructions claires
Au lieu de simplement demander à l’enfant de se calmer, il peut être utile de lui proposer une activité apaisante avec des consignes précises. « Les enfants réagissent souvent mieux lorsqu’on leur donne des instructions claires sur la prochaine étape », explique le Dr Weksner.
Voici quelques exemples : « Prends trois gorgées d’eau, puis on pourra réfléchir ensemble », « Fais quatre sauts avec moi, et on trouvera une solution » ou « Va chercher tes chaussettes bleues dans le tiroir, et ensuite on décide de la suite ».
S’hydrater avec de grandes gorgées, surtout avec une paille, incite l’enfant à respirer avec son diaphragme, ce qui peut calmer la détresse. Les sauts permettent de libérer l’énergie retenue, et se concentrer sur un objet précis détourne le cerveau émotionnel vers une activité cognitive plus calme. Ces techniques favorisent une régulation émotionnelle naturelle.
Reconnaître et valider la détresse de l’enfant
Il est aussi essentiel de ne pas minimiser la peine de l’enfant ou de l’adolescent en difficulté. Dire par exemple « Je sais que tu es vraiment triste » lui montre que ses sentiments sont compris et temporaires, ce qui peut l’aider à mieux gérer ses émotions.
Les jeunes enfants, qui ne savent pas toujours mettre des mots sur ce qu’ils ressentent, bénéficient tout autant de cette reconnaissance. Cela leur permet de donner un sens à leur expérience intérieure et de développer leur conscience émotionnelle.
Ne pas perdre espoir face aux crises
Si aucune technique ne fonctionne, surtout si l’enfant a moins de quatre ans et que la colère monte, il ne faut pas paniquer. Les crises de colère sont une étape normale du développement. Elles traduisent l’insatisfaction ou la frustration de l’enfant et font partie de son apprentissage de la gestion émotionnelle.
Selon la pédiatre Émilie Roquand-Wagner, « les crises de colère sont des manifestations normales, parfois violentes, entre 18 mois et 4 ans, qui reflètent l’insatisfaction, la frustration ou le mal-être. En grandissant, la capacité de régulation des émotions se développe avec l’amélioration des compétences cognitives et du contrôle attentionnel ».


