« J’ai quitté l’homme que j’aimais à cause de sa mère » (Lucie, 30 ans)

Elle croyait avoir trouvé l’homme idéal, celui qui partage sa passion et ses valeurs. Mais très vite, la présence de sa belle-mère a compliqué cette belle histoire d’amour…

J’ai rencontré Bastien il y a quelques années sur un tournage de cinéma. Je suis assistante décoratrice, lui jouait un petit rôle dans le film, on s’est très vite plu. Moi qui pensais être abonnée à vie aux losers, j’avais là un mec de mon âge passionné par le cinéma autant que moi, mignon, pas autocentré comme peuvent l’être souvent les comédiens. Assez vite, il m’a invité à manger chez lui le dimanche midi. Il habitait encore chez ses parents, dans une maison proche de Paris. Étant assez timide, l’idée ne me chauffait pas plus que ça, mais j’y suis allée. Le feeling est tout de suite passé. Ils étaient dans le cinéma, le père était chef opérateur et la mère comédienne, des gens hyper sympas.

Bon, dès le début, j’ai trouvé la mère de Bastien un peu étrange. Elle parlait toute seule, parfois. Mon mec me disait qu’elle révisait ses textes. Elle fumait beaucoup, et laissait ses cigarettes se consumer dans les cendriers. Et une fois, je l’ai vue faire pipi car elle n’avait pas fermé la porte des toilettes, ce qui ne l’a absolument pas dérangé. J’ai mis ça sous le coup de l’excentricité naturelle de cette femme chaleureuse et attentionnée avec moi, et qui connaissait « beaucoup de monde dans le cinéma ». Et effectivement, elle m’a ensuite proposé un tournage avec elle, quatre mois, dans le sud de la France. Comme c’était une série historique, mon travail de décoratrice était vraiment passionnant. Je me donnais un mal fou pour dénicher des objets d’époque, je travaillais la nuit pour vieillir certains meubles, ou trouer des nappes pour qu’elles paraissent usées. Bref, j’étais à fond ! Et puis un jour, j’entends ma « belle-mère » se plaindre au réalisateur que certains objets de sa cuisine « faisaient dinette ». Elle disait du mal de moi dans mon dos !

« Elle était détestable, ça devenait épidermique »

Ayant un caractère assez trempé, je ne me suis pas démontée. Je suis allée lui demander si elle pensait vraiment ce qu’elle avait dit. Elle était hyper embarrassée dans un premier temps, et s’est excusée. Mais très vite, elle s’est mise à me toiser, m’a dit que « oui », elle le pensait, et qu’elle s’était même retenue parce que « c’était quand même elle qui m’avait trouvé ce travail ». J’ai senti un frisson me parcourir la colonne vertébrale. Son regard était tellement différent de celui que je connaissais. Ça m’a fait peur et j’ai laissé tomber. Mais pas elle. Le tournage s’interrompant parfois, on rentrait alors à Paris. Mais elle ne m’invitait plus chez elle. Et je n’osais pas en parler avec Bastien.