Révélé : le sombre destin de la dernière femme guillotinée en France
Le contexte du crime
Le 21 avril 1949, Germaine Godefroy est réveillée en pleine nuit par le bourreau à la prison d’Angers. Elle y attendait son ultime heure, condamnée à mort pour avoir tué son mari de deux coups de hache. Dans une lettre manuscrite, elle écrivait : « À qui écrire ma souffrance ? Qui peut comprendre ma douleur ? Mon chagrin ? Je suis condamnée à mort. Dans une heure je serai guillotinée. » Son histoire est racontée dans le documentaire La Dernière Guillotinée», diffusé sur France Télévisions, qui explore son destin et la perception qu’avait la société et la justice de l’époque.
Une vie difficile dès l’enfance
Née le 18 mai 1917 à Crosmières, dans la Sarthe, Germaine grandit dans un environnement difficile. Fille d’ouvriers agricoles, elle est issue d’une famille nombreuse. Son père, alcoolique, frappe régulièrement sa mère, et finit par se suicider à l’âge de 52 ans. Très tôt, Germaine abandonne l’école. À 14 ans, elle devient valet de ferme, un travail éprouvant dans un milieu rural où les femmes subissent souvent des traitements rudes.
Le début d’une vie marquée par l’amour et la guerre
En 1937, lors du bal du 14 juillet, Germaine rencontre Albert Leloy. Ils se marient rapidement, et elle espère une vie heureuse dans une ferme qu’ils louent ensemble. La Seconde Guerre mondiale éclate en 1939, contraignant Albert à partir au front puis à être fait prisonnier par les Allemands. La séparation bouleverse Germaine, qui se lie d’affection avec un enfant chez sa belle-famille, nourrissant un rêve de maternité. Mais la réalité de son mariage et la monotonie de la vie la déçoivent peu à peu.
Une vie de frustration et d’infidélité
Germaine supporte mal la vie conjugale. Elle avoue avoir eu plusieurs amants, dont Pierre Couet et Raymond Boulissière, son employé. Leur relation devient très proche, et elle raconte avoir initié leur relation. Elle confie aussi que son mari, Albert, était peu ambitieux et souvent absent ou indifferent. La frustration monte, alimentée par un mariage sans amour, dans un contexte où les femmes n’avaient que peu de libertés légales.
Le crime et ses préparatifs
Face à cette situation, Germaine Godefroy élabore un plan macabre pour se débarrasser de son mari. Quelques jours avant le drame, elle fait aiguiser une hache dans l’espoir que cela lui permettra de le tuer avec moins de souffrance. Elle lit dans un journal l’évasion de prisonniers à Baugé, ce qui lui donne le mobile d’un simulacre d’intrusion pour dissimuler son acte. Elle prévoit alors de faire passer la scène pour une attaque par un rôdeur, allant jusqu’à se taillader le visage pour crédibiliser son récit.
Le meurtre
Le 10 décembre 1947, Germaine accueille Albert chez eux, avec la hache dissimulée. Selon son récit, Raymond Boulissière se présente chez eux, mais Germaine le retient avant qu’il n’entre. Elle lui remet une somme d’argent, lui demandant d’intervenir, puis le renvoie dans la nuit. Plus tard, après le dîner, elle attend que son mari se couche pour lui asséner deux coups de hache à la tête, pendant son sommeil.
Les soupçons et la condamnation
Au début, les enquêteurs croient au récit d’intrusion, mais des incohérences finissent par éveiller leurs soupçons. Après plusieurs heures d’interrogatoire, Germaine avoue le crime. Lors de son procès en novembre 1948, elle est jugée coupable et condamnée à mort, tandis que son amant, Raymond Boulissière, écopera de dix ans de travaux forcés. Elle passe plus d’un an en prison, attendant l’exécution.
Le dernier jour et l’exécution
Le 21 avril 1949, Germaine Godefroy, âgée de 31 ans, est réveillée en pleine nuit. Elle écrit ses derniers mots, exprimant sa douleur et son chagrin. La guillotine est préparée, et elle est exécutée dans la matinée. Son histoire, longtemps oubliée, a été redécouverte et racontée dans un documentaire qui éclaire cette tragédie et la société de l’époque.


