Femme fontaine : vérité ou mythe découvrez la science derrière ce phénomène étonnant

La femme fontaine, ou éjaculation féminine, est un phénomène physiologique encore peu connu qui suscite curiosité et questionnements. Souvent représentée dans la pornographie, cette manifestation n’est pas toujours conforme à la réalité.

Ce phénomène intéresse les médecins depuis l’Antiquité. Hippocrate évoquait déjà l’éjaculation féminine, et au fil des siècles, de nombreux chercheurs ont étudié cette question. Aujourd’hui, que sait-on réellement de ce qui se passe dans le corps ? Quelle différence existe-t-il entre éjaculation féminine et simple émission de liquide lors de l’excitation ou de l’orgasme ? Avec l’aide de Céline Vendé, sexologue et thérapeute de couple, faisons le point sur ce sujet sans tabou, avec des explications claires et bienveillantes.

Quelle proportion de femmes sont concernées ?

Il est difficile de connaître précisément le nombre de femmes concernées, car le sujet reste tabou. Cependant, deux études des années 1990 indiquent qu’entre 40 % et 54 % des femmes ont déjà expérimenté une expulsion liquide lors d’un orgasme ou pendant un rapport sexuel. Ce phénomène n’est donc pas si rare, et il ne se produit pas systématiquement au moment de l’orgasme.

Squirting, femme fontaine : qu’est-ce que c’est ?

En anglais, le terme « to squirt » signifie « gicler ». Il désigne l’éjaculation féminine, notamment dans le contexte pornographique, où l’on voit souvent des femmes « gicler » en pleine action. Céline Vendé rappelle cependant que ce fantasme ne reflète pas toute la réalité. La femme fontaine est souvent associée à une stimulation intravaginale qui peut provoquer une émission de liquide, mais cela ne dépend pas toujours du plaisir ou de l’excitation.

Comment se déclenche une éjaculation vaginale ?

Les femmes capables d’expulser un liquide en réponse à une stimulation intravaginale peuvent le faire grâce à un phénomène physiologique précis. Le liquide provient de l’urètre, est incolore, inodore et peut atteindre jusqu’à 25 centilitres, soit l’équivalent d’une canette de soda. Lorsqu’on stimule une zone spécifique du vagin, cela stimule l’urètre et la vessie, qui se remplissent d’eau environnante. La stimulation prolongée provoque des spasmes musculaires du périnée, entraînant une contraction qui expulse le liquide par le méat urinaire. Ce processus est distinct du point G, qui lui est lié à une excitation et un orgasme.

Quel est le liquide expulsé ?

Le liquide n’est pas de l’urine, mais il provient bien de la vessie et de l’urètre. Il est composé à 99 % d’eau, incolore et inodore. Lorsqu’il sort, il s’agit d’un jet, parfois très abondant, mais ce n’est pas une émission d’urine.

Quels sont les signes d’une femme fontaine ?

Céline Vendé confirme que toutes les femmes ont le potentiel de devenir des femmes fontaines. Le phénomène physiologique peut être reproduit chez toute personne portant un vagin, en quantité plus ou moins grande.

Comment apprendre à éjaculer ?

Pour débuter en douceur, Céline Vendé recommande de pratiquer l’auto-stimulation, par exemple sous la douche. Introduisez deux doigts propres, pliez-les légèrement vers le ventre, et cherchez une zone un peu granuleuse à 2-3 cm au-dessus de l’entrée du vagin. Tapotez, massez doucement, frottez la zone et restez à l’écoute des sensations, comme une envie de faire pipi. Continuez jusqu’à ce que le liquide soit expulsé.

Les sextoys sont-ils utiles ?

Oui, ils peuvent aider à explorer ses sensations. Utiliser un vibromasseur ou un stimulateur du point G peut faciliter la stimulation intravaginale. Il est conseillé de commencer doucement, avec un sextoy adapté, fabriqué dans un matériau non poreux, et d’utiliser un lubrifiant compatible. L’objectif n’est pas forcément d’éprouver une éjaculation, mais d’explorer son corps et ses réactions sans pression.

Conseil de professionnel

Pour éviter le stress lié à la composition du liquide, il est recommandé de vider sa vessie avant le rapport. Il peut aussi être utile de protéger la literie avec une alèse ou une serviette.

Accepter le phénomène et lâcher-prise

Céline Vendé souligne qu’il existe une problématique de lâcher-prise autour de la femme fontaine. Certaines femmes voient cette éjaculation comme une manifestation de puissance, alors que d’autres la perçoivent comme gênante ou humiliantes. La peur de se laisser aller et de se faire pipi dessus est fréquente. Pour dépasser cette crainte, il est conseillé de s’entraîner en solo, hors des relations sexuelles, puis d’aborder cette expérience avec un partenaire bienveillant et informé.

Bon à savoir

Certains sites spécialisés proposent désormais des plaids imperméables conçus pour les femmes fontaines, afin de ne pas salir les draps et rassurer les partenaires.

Merci à Céline Vendé, sexologue et thérapeute de couple à Bordeaux.