Ces thermostats connectés gratuits d’Engie, un piège pour votre logement ?
Dans de nombreux logements français, un petit boîtier installé près des radiateurs devait permettre de mieux contrôler le chauffage tout en réduisant les factures. Ces thermostats connectés, signés Tiko et distribués gratuitement dans le cadre d’offres d’Engie, donnaient l’impression aux propriétaires d’être en conformité avec les futures réglementations sur la régulation du chauffage. Aujourd’hui, ils risquent de devenir un problème matériel et administratif.
Alors que la France prévoit d’obliger l’installation de thermostats programmables dans tous les logements anciens d’ici 2030, la liquidation de Tiko et le rappel de plusieurs de ses appareils laissent ces foyers sans solution durable. La question qui se pose est simple : si votre thermostat devient inutilisable ou dangereux, êtes-vous toujours en règle avec la loi sur le chauffage ?
La fin de l’aventure Tiko et Engie
En 2019, Engie a racheté la société suisse Tiko, qui se présentait comme une entreprise innovante dans la gestion du chauffage électrique. Son boîtier connecté, relié aux radiateurs ou à la chaudière, analysait la consommation et ajustait la température en fonction des besoins du logement et de la demande sur le réseau électrique. En regroupant des milliers d’appareils, cette solution visait à réduire la facture d’électricité des particuliers tout en contribuant à la stabilité du système électrique national.
Mais en automne 2025, Tiko a arrêté ses activités et a été liquidée. Selon les chiffres communiqués au Journal du Net, environ 22 000 clients doivent désormais faire retirer leur thermostat. La procédure est automatique : les utilisateurs reçoivent un email les invitant à contacter le service client pour planifier la désinstallation. Si aucune démarche n’est entreprise, le service les contacte par téléphone. La désinstallation est gratuite, mais aucun remplacement n’est prévu. Engie évoque des difficultés réglementaires pour continuer cette offre, et certains responsables regrettent de ne pas avoir eu plus de temps pour s’adapter.
Obligation de thermostat programmable : ce que prévoit la loi
Parallèlement, la France a lancé une réforme pour renforcer la régulation du chauffage. Un décret publié en juin 2023 impose que tous les bâtiments résidentiels et tertiaires soient équipés d’un thermostat programmable ou d’un autre système de régulation automatique par pièce ou zone. Pour les constructions neuves, cette obligation doit entrer en vigueur dès janvier 2027. Pour les logements existants, la date limite a été repoussée au 1er janvier 2030, afin de laisser plus de souplesse aux ménages.
Ces dispositifs n’ont pas besoin d’être connectés à Internet. Leur fonction principale est de permettre la programmation de plusieurs niveaux de température, comme le confort, le mode réduit, le hors gel ou l’arrêt. L’installation revient généralement à la charge des propriétaires, tandis que l’entretien courant peut incomber aux locataires. Le coût d’un tel thermostat varie entre 60 et 250 €, avec des frais d’installation de 150 à 300 €, et permet de réaliser jusqu’à 15 % d’économies sur la facture de chauffage.
Le thermostat Tiko sera-t-il conforme en 2030 ?
Le 12 décembre 2025, un rappel national a ciblé trois modèles de thermostats Tiko — D-Box, D-Box Plus et D-Box simple — en raison d’un risque d’échauffement pouvant aller jusqu’à l’incendie, selon RappelConso. Tiko assure que l’utilisation de ses thermostats connectés ne présente pas de risque supplémentaire, et maintient un service d’astreinte. Une fois les appareils démontés dans les 22 000 foyers concernés, ces logements ne disposeront plus d’un système de régulation conforme aux nouvelles réglementations.
Les ménages équipés devront donc prévoir de remplacer leur thermostat par un modèle neuf, robuste et programmable, qui fonctionne hors ligne, avant 2030.


