Santé mentale au travail : les femmes toujours plus vulnérables

Les femmes sont plus exposées que les hommes aux difficultés liées à la santé mentale au travail. C’est ce que révèle le dernier Baromètre Santé mentale & QVCT, publié à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

Une amélioration globale mais des écarts persistants

Selon ce rapport, en 2026, 74 % des femmes interrogées se déclarent en bonne santé mentale, une hausse de cinq points par rapport à 2025. Cependant, cet progrès ne fait pas disparaître les écarts. En effet, une femme sur quatre (25 %) avoue avoir une mauvaise santé mentale, contre 19 % des hommes.

Ces différences se traduisent notamment par une confiance en soi plus fragile et un équilibre émotionnel souvent instable. Ces facteurs sont essentiels pour faire face à la pression, gérer l’incertitude et évoluer sereinement dans le monde du travail.

Les jeunes femmes en première ligne

Les écarts sont encore plus marqués chez les femmes de moins de 40 ans. Elles sont 29 % à se dire en mauvaise santé mentale, contre 22 % chez les femmes plus âgées. Cet écart, déjà observé auparavant, semble se confirmer durablement.

Les salariées de moins de 40 ans évoquent principalement le manque de temps pour elles et les difficultés personnelles ou familiales. Leur santé mentale est fortement liée à la charge mentale quotidienne et à l’équilibre difficile à maintenir entre travail, vie privée et temps pour soi.

Un soutien encore insuffisant en entreprise

Le baromètre souligne aussi que les politiques de bien-être au travail restent peu visibles dans les entreprises. Si la majorité des femmes se disent satisfaites de leurs relations avec leurs collègues ou de leurs conditions de travail, près de la moitié (47 %) estiment qu’aucune action concrète n’a été mise en place pour soutenir leur santé mentale.

Selon Camy Puech, président-fondateur de Qualisocial, ces résultats montrent la nécessité d’une prévention ciblée. Il insiste sur le fait que l’égalité professionnelle ne se joue pas uniquement dans les chiffres RH, mais aussi dans l’expérience quotidienne au travail, notamment la charge de travail, le soutien managérial et les perspectives d’évolution.