Comment reconnaître et se protéger du gaslighting dans une relation toxique
Il arrive à tout le monde de sortir d’une discussion avec un léger doute. On se demande si on a exagéré, mal compris ou surinterprété. Dans une relation saine, ces incertitudes s’effacent naturellement. Mais dans une relation toxique, elles s’installent, jusqu’à devenir la norme. Ce phénomène est souvent lié au gaslighting, une technique de manipulation qui consiste à faire douter quelqu’un de sa propre perception (ce qu’il a vu, entendu ou ressenti). L’objectif est de déplacer la faute et de fragiliser le discernement de la victime, jusqu’à ce qu’elle se tourne vers l’autre pour définir ce qui est « vrai ». Le gaslighter utilise souvent des phrases qui minimisent, nient ou isolent la victime.
Nier les faits
Selon la psychologue Julie Smith, le premier signe à repérer est la négation totale de ce que la personne vit. Le manipulateur ne se contente pas d’être en désaccord : il nie complètement l’expérience de l’autre. Il peut dire par exemple que cela n’est jamais arrivé, que la victime invente ou qu’elle se fait des films. La discussion ne porte plus sur un point de vue, mais sur la validité même de la réalité de la personne.
Un psychologue américain, Jeffrey Bernstein, expliquait déjà dans un précédent article que cette stratégie consiste à réécrire l’histoire pour semer le doute dans la mémoire de l’autre. À force d’être constamment démentie, la victime peut finir par douter de ses propres souvenirs et se taire.
Renverser la responsabilité
Parfois, le gaslighter ne conteste pas directement la réalité. Il cible alors la personne en face, lui faisant porter la responsabilité de ce qui ne va pas. La psychologue précise que le manipulateur peut dire qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez la victime. Ainsi, le débat quitte le terrain des faits pour devenir une attaque contre la personnalité. La victime est accusée d’être excessive, paranoïaque, instable ou trop sensible.
Ce procédé est très nocif. Au lieu d’analyser ce qui s’est passé, il pousse la victime à se remettre en question, à surveiller ses réactions et à s’excuser d’avoir ressenti quelque chose.
Grignoter la confiance petit à petit
Il ne faut pas tirer des conclusions hâtives à partir d’un simple désaccord isolé. La psychologue souligne que ce qui rend cette dynamique destructrice, c’est la répétition. Les désaccords occasionnels sont normaux, mais le gaslighting abusif se manifeste par des cycles répétés. Avec le temps, cela érode la confiance en soi et en son jugement. La victime commence à dépendre du manipulateur pour distinguer ce qui est réel et vrai.
Julie Smith précise que tout le monde peut vivre cela de façon occasionnelle. Cependant, ce n’est pas le conflit en soi qui est toxique, mais la mécanique répétée qui, sur le long terme, peut détériorer toute la relation.


