La nouvelle tendance parentale qui bouleverse l’éducation positive
Une nouvelle tendance parentale en pleine expansion
Après plusieurs années durant lesquelles l’éducation douce, fondée sur la bienveillance et le respect des émotions, a connu un grand succès sur les réseaux sociaux, une nouvelle philosophie parentale commence à prendre de l’ampleur. Cette tendance va à l’encontre des méthodes dites « positives » qui prônaient une parentalité bienveillante.
Critiques de l’éducation positive
Certains parents en ont assez d’entendre parler de cette éducation positive. Ces dix dernières années, cette approche, qui consiste à soutenir les émotions de l’enfant, à expliquer chaque décision parentale et à rester calme en toutes circonstances, est devenue très populaire. Cependant, elle est aussi critiquée : certains la jugent trop laxiste, trop protectrice ou tout simplement épuisante à appliquer au quotidien. Pour ses détracteurs, cette méthode paraît souvent trop idéalisée et éloignée de la réalité.
L’émergence d’une nouvelle philosophie : le FAFO
Face à ces critiques, une nouvelle tendance parentale apparaît : le FAFO, un acronyme anglophone signifiant « Fuck Around and Find Out », que l’on peut traduire par « Fais l’imbécile et tu verras bien ». Popularisée en 2025 par des parents américains et britanniques, cette méthode commence à se répandre en France. Sur les réseaux sociaux, plusieurs vidéos et témoignages sur le sujet cumulent des millions de vues.
Le principe de cette nouvelle approche
Le FAFO ne consiste pas à laisser les enfants faire n’importe quoi ni à négliger ses responsabilités parentales. Il s’agit plutôt de leur permettre de comprendre et d’assumer les conséquences naturelles de leurs actes, sans intervention systématique. Par exemple, au lieu de disputer un enfant qui a oublié son parapluie, on peut lui dire : « Tant pis pour toi, tu marcheras sous la pluie ». Cette philosophie peut s’appliquer dans diverses situations, comme un enfant qui refuse de ranger ses jouets et se fait malencontreusement mal si quelqu’un marche dessus. La leçon doit alors être claire : il faut apprendre à gérer ses choix.
Les limites à respecter
Comme pour toute méthode éducative, il est important de ne pas pousser le principe à l’extrême. L’éducation doit aussi fixer des limites et des conséquences lorsque cela est nécessaire. La méthode FAFO ne doit pas être punitive ou humiliante, mais simplement une façon d’apprendre la responsabilité sans tomber dans l’indifférence totale ou la négligence.
Cas d’exception et précautions
Il ne s’agit pas non plus d’appliquer cette approche dans des situations à risque ou où la sécurité de l’enfant pourrait être compromise. Une psychologue, Tamara Glen Soles, précise que si un enfant ne mange pas, il aura faim, mais ce n’est pas dangereux. En revanche, un comportement dangereux comme bousculer ou blesser quelqu’un ne doit pas être laissé sans réaction. La méthode FAFO doit donc être utilisée avec discernement.
Un équilibre à trouver
Comme dans toute éducation, il faut trouver un juste milieu. Des études, notamment une menée en 2022 par l’Université de Marbourg en Allemagne, montrent que les adolescents élevés dans un cadre parental « autoritaire » – ferme mais chaleureux – présentent une meilleure régulation émotionnelle que ceux élevés dans un cadre permissif ou punitif. L’objectif reste d’assurer un développement équilibré, combinant autonomie et limites.


