La pilule en déclin : une révolution contraceptive en marche
Selon un baromètre exclusif des laboratoires NéreS, publié ce vendredi 30 janvier, les pratiques contraceptives des Françaises évoluent. L’étude montre une baisse significative de l’utilisation de la pilule contraceptive, qui recule de 4,2 % en 2025 par rapport à 2024. Depuis 2019, cette méthode connaît une diminution de plus de 17 %, soit une baisse de près de 18 % en six ans.
Une diminution de la consommation de la pilule
Les chiffres indiquent que de moins en moins de femmes optent pour la pilule contraceptive. Une cliente en pharmacie témoigne de sa réticence à traiter quoi que ce soit chimiquement si cela n’est pas absolument nécessaire. Par ailleurs, d’autres moyens de contraception gagnent en popularité. Le stérilet, par exemple, est de plus en plus demandé, y compris chez les jeunes femmes.
Ce dispositif intra-utérin (DIU), efficace comme la pilule, empêche la fixation de l’œuf dans l’utérus. Il peut être en cuivre ou libérer de la lévonorgestrel, une hormone de synthèse proche de la progestérone. Selon Marie Msika-Razon, médecin généraliste spécialisée dans la santé de la femme, cette méthode est devenue plus à la mode, surpassant la pilule dans toutes les tranches d’âge en France.
Une hausse des ventes de contraception d’urgence
Le même baromètre révèle une augmentation de l’utilisation de la contraception d’urgence, également appelée « pilule du lendemain ». En 2025, cette méthode a connu une hausse de 1,9 % par rapport à 2024, et une progression de 34,4 % depuis 2019.
Bien que la demande soit en hausse, la « pilule du lendemain » reste une méthode de rattrapage. Elle doit être prise dans les 3 à 5 jours suivant un rapport non ou mal protégé. L’Assurance maladie rappelle qu’elle ne doit pas être utilisée comme contraception régulière. Selon l’Organisation mondiale de la santé, lorsqu’elle est prise à temps, cette méthode permet de prévenir 95 % des grossesses non désirées.
Renforcer la prévention auprès des jeunes
Conscient de ces évolutions, l’État a mis en place en 2022 le dispositif « Mon bilan prévention ». Ce programme vise à encourager le dialogue avec les jeunes de 18 à 25 ans sur leurs habitudes de vie, leur santé physique et mentale, et leur contraception.
Luc Besançon, délégué général de NéreS, souligne l’importance de ce dispositif pour corriger les perceptions autour de la contraception régulière, des risques liés à certaines méthodes, et de l’utilisation de la contraception d’urgence. Il rappelle que les ventes de préservatifs ont également diminué de 3,2 % en 2025.
Ce dispositif, pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, permet aux jeunes d’échanger gratuitement avec un professionnel de santé. L’objectif est de mieux informer et prévenir les risques liés à l’usage des méthodes contraceptives.


