Pourquoi les femmes enceintes pleurent-elles autant ? La vérité surprenante révélée

Au cours de la grossesse, il est courant de constater une hypersensibilité chez les femmes enceintes. Selon Nathalie Lancelin-Huin, psychologue et auteure du livre « Enceinte, voyage au cœur des émotions », cette sensibilité ne s’explique pas uniquement par les hormones. Elle précise que les femmes ne pleurent pas pour rien, ni parce qu’elles sont pénibles ou ont envie de fraises à la chantilly à minuit.

Pourquoi pleure-t-on quand on est enceinte ?

La grossesse a pour effet de faire remonter certains souvenirs ou émotions, afin que la mère soit prête à accueillir son bébé. Nathalie Lancelin-Huin explique que, sous l’influence des hormones, des souvenirs de tristesse liés à l’enfance ou à des événements passés peuvent ressurgir. Cette réaction est une adaptation naturelle de la biologie, visant à préparer la mère à la parentalité.

Les femmes enceintes peuvent aussi tenir un carnet de bord pour identifier ce qui déclenche leurs pleurs, en notant ce qui s’est passé juste avant. Parfois, des remarques anodines, comme un compliment sur une coupe de cheveux, peuvent raviver des souvenirs ou des insécurités liés à leur estime d’elles-mêmes ou à leur passé familial.

Par ailleurs, certaines femmes présentent une hypersensibilité particulière face au monde extérieur, notamment en réaction à des injustices ou des problèmes écologiques.

Les pleurs liés à la solitude

Vivre une grossesse loin de sa famille ou à l’étranger est fréquent. Le manque de la mère, en particulier, peut être difficile à vivre. La relation avec ses propres parents remonte à la surface, car « la femme enceinte passe du statut de fille ou de sœur à celui de mère ».

Il arrive que des femmes, même peu proches de leur mère, cherchent à renforcer ce lien durant cette période. La société moderne offre moins d’exemples concrets de maternité, ce qui peut aussi contribuer à cette sensibilité accrue, car il manque des modèles pour guider les futures mères.

Les périodes de sensibilité durant la grossesse

La sensibilité des femmes enceintes évolue au fil des neuf mois :

  • Premier trimestre : période marquée par une grande fatigue, où les souvenirs du passé remontent souvent. La femme est particulièrement vulnérable.
  • Deuxième trimestre : la sensibilité se tourne vers les besoins du corps. Elle aide à décoder les pleurs du bébé après la naissance. Cette hypersensibilité peut durer près d’un an après l’accouchement.
  • Troisième trimestre : la future mère réfléchit à l’avenir, à la vie dans un monde en mutation, et à l’arrivée du bébé. La sensibilité s’oriente vers l’extérieur et le futur.

Ce phénomène hormonal de l’hypersensibilité est également observé à la puberté, lors de la ménopause ou à chaque grossesse. Il reflète une capacité à percevoir ce qui se passe à un moment donné dans la vie.

Faut-il s’inquiéter si l’on pleure beaucoup ?

Certains femmes ressentent peu ou pas d’émotions en dehors des pleurs. La grossesse peut alors être l’occasion d’extérioriser ces sentiments. Cependant, si les pleurs s’accompagnent d’un regard négatif sur sa vie ou d’un sentiment de dévalorisation, cela peut indiquer une dépression.

Les professionnels de santé proposent un entretien prénatal dès le troisième mois pour repérer d’éventuels signes de dépression. Les femmes peuvent aussi consulter leur médecin ou une sage-femme si elles se sentent en difficulté.

Les futurs papas face aux pleurs des femmes enceintes

Les hommes aussi vivent cette période difficile. Ils doivent gérer leur propre sensibilité tout en restant forts. Souvent, ils se sentent démunis face à des remarques comme « elle pleure pour rien ».

Nathalie Lancelin-Huin conseille de leur expliquer que ces réactions sont normales et qu’il ne faut pas se fermer ou se tendre. Il est aussi utile d’en parler avec des amis ou un professionnel pour mieux comprendre la situation.