Les mots à bannir pour rendre vos enfants vraiment heureux

Les mots à bannir pour élever des enfants heureux

Chacun souhaite élever des enfants confiants et heureux, capables d’affronter les difficultés sans se dévaloriser. Pour cela, beaucoup de parents utilisent régulièrement des mots comme « bravo » ou « trop bien ». Bien qu’animés de bonnes intentions, ces expressions répétées machinalement peuvent parfois nuire à la confiance de l’enfant.

Becky Kennedy, psychologue pour enfants et animatrice du podcast Good Inside, explique dans une interview à « CNBC » que deux mots très courants, souvent prononcés à la va-vite, peuvent donner à l’enfant l’impression qu’on ne l’écoute pas vraiment. La clé se trouve dans une petite expression du quotidien.

Le langage parental : un facteur qui influence le bonheur des enfants

Les compliments ne servent pas uniquement à faire plaisir. Ils contribuent aussi à construire l’estime de soi. Cependant, lorsqu’un parent réagit de façon automatique, l’enfant peut en venir à chercher constamment la validation des autres, plutôt que de ressentir sa propre fierté.

Selon Becky Kennedy, dire simplement « bien joué ! » peut souvent clôturer la conversation. Elle conseille plutôt de poser des questions complémentaires pour montrer que le compliment est sincère et pour valoriser le comportement positif de l’enfant. Elle recommande aussi de mettre en avant ce qui a été bien fait.

La psychologue précise que ces mots ne sont pas nuisibles en soi, mais qu’ils doivent être enrichis. « Poser des questions précises et montrer un réel intérêt est plus efficace pour renforcer la confiance que de simplement dire ces deux mots », souligne-t-elle. La spécialiste du développement, Aliza Pressman, ajoute que lorsqu’on dit « Bon travail ! », il faut que ce soit sincère et précis. Elle invite à reconnaître les efforts, la persévérance, la créativité, l’indépendance ou les compétences de l’enfant.

Les risques de la réaction « bien joué ! » dans la vie de l’enfant

Les deux mots souvent critiqués sont « bien joué ! ». Lorsqu’un enfant reçoit cette réaction après un dessin, un contrôle ou un but, cela peut donner l’impression que le parent veut passer à autre chose. L’enfant ne sait pas ce qui lui a vraiment plu : sa créativité, son sérieux, le temps qu’il a consacré ou son courage.

Avec le temps, cela peut conduire l’enfant à se renfermer, à moins raconter ce qu’il a vécu pour réussir. Pour éviter cela, les professionnels recommandent de décrire concrètement le chemin parcouru. Il est préférable d’encourager le processus plutôt que la simple performance. Voici quelques exemples de formulations utiles :

  • « Tu as continué même quand c’était difficile, je vois ta persévérance. »
  • « Tu as trouvé une nouvelle façon de faire ce puzzle, c’est très inventif. »
  • « Tu t’es entraîné plusieurs soirs, tu peux être fier de toi. »
  • « Tu as pensé à partager avec ta sœur, ça montre que tu fais attention aux autres. »

De la validation externe à la validation intérieure

Pour Becky Kennedy, il ne s’agit pas seulement de changer de phrases. L’enjeu est aussi d’apprendre à l’enfant à se valider lui-même, sans attendre systématiquement des éloges extérieurs. C’est une compétence essentielle pour réussir à l’âge adulte.

Se dépendre uniquement des « bien joué ! » peut rendre l’enfant fragile et anxieux face à l’échec. Les parents peuvent favoriser cette validation de soi en posant des questions sur ses ressentis, comme : « De quoi es-tu le plus fier ? », « Qu’as-tu appris ? » ou « Comment te sentais-tu quand tu as réussi ? ».

Ce type de dialogue permet d’ouvrir la conversation, de montrer un réel intérêt et d’aider l’enfant à identifier ses forces, bien au-delà de simples mots rassurants.