Femmes en danger : la menace cachée des maladies coronariennes
Les maladies coronariennes, une menace majeure pour les femmes
Les maladies coronariennes restent la première cause de mortalité dans le monde. En France, elles font chaque jour 200 victimes féminines, soit une femme décédée toutes les 7 minutes. Ces maladies sont principalement causées par l’accumulation de plaques d’athérome dans les artères coronaires, constituées de cholestérol, de lipides, de calcium et d’autres substances.
Une nouvelle perspective sur le risque cardiaque chez les femmes
Jusqu’à présent, on pensait qu’un faible niveau de plaques dans les artères signifiait un faible risque de décès. Cependant, une étude récente du Mass General Brigham bouleverse cette idée. Elle montre que les femmes présentent un risque accru de problèmes cardiaques dès qu’un petit dépôt d’athérome apparaît, même si ce dépôt est moindre que chez les hommes. Les résultats ont été publiés dans la revue Circulation.
Moins de plaques, mais un risque plus élevé chez les femmes
Cette étude a porté sur plus de 4200 personnes souffrant de douleurs thoraciques sans antécédents de maladie cardiaque. Les chercheurs ont comparé la présence de plaques dans leurs artères coronaires entre hommes et femmes. Ils ont observé que les femmes avaient en général moins de plaques (55 % contre 75 % chez les hommes) et une quantité totale de dépôts moindre. Pourtant, le taux d’événements graves, tels que l’infarctus ou l’hospitalisation pour douleur thoracique, était comparable chez les deux sexes.
En suivant ces patients, les chercheurs ont constaté que le risque de complications cardiaques chez les femmes augmente dès un stade plus précoce, à un niveau de plaques plus faible. Chez elles, ce risque apparaît à environ 20 % de charge de plaques, contre 28 % chez les hommes. Autrement dit, une petite quantité d’athérome peut suffire à mettre en danger la santé cardiaque d’une femme, alors qu’il faut généralement plus de dépôt chez un homme pour atteindre un niveau de risque similaire.
Les artères des femmes, plus petites et plus vulnérables
Une explication possible à cette différence réside dans la taille des artères. Selon les auteurs de l’étude, les artères des femmes sont généralement plus petites que celles des hommes. Cela signifie qu’un même dépôt de plaque peut provoquer une obstruction proportionnellement plus importante, augmentant ainsi le danger.
Cette particularité implique aussi que les seuils classiques utilisés pour évaluer le risque de maladie coronarienne pourraient sous-estimer la dangerosité chez les femmes. En effet, ces critères sont majoritairement basés sur des données recueillies chez des hommes, qui ont historiquement été surreprésentés dans les études cardiovasculaires.
Une adaptation nécessaire pour une meilleure prévention
Les chercheurs suggèrent que les cardiologues pourraient désormais ajuster leur interprétation des examens cardiaques pour mieux évaluer le risque chez les femmes. Il serait également important de renforcer la surveillance, même lorsque leurs artères semblent « presque normales ».


