Se filmer pendant le sexe, faire l’amour face camera : ils racontent…
Pour renforcer l’excitation ou garder quelques joyeux souvenirs d’un rapport sexuel, certaines personnes n’hésitent pas à se filmer en pleine action. Partage d’astuces et d’expériences. Des confidences… inspirantes !
Sans chercher la performance ou l’effet spécial, se filmer pendant le sexe peut s’avérer très excitant, tout comme s’organiser une soirée visionnage quelques jours ou semaines plus tard (qui prend le popcorn ?). Aujourd’hui, cette pratique est accessible : il suffit d’un téléphone portable pour jouer les apprentis réalisateurs. Ajoutons à ça un solide mot de passe pour protéger ses données et, bien entendu, le consentement des deux partenaires. Après ça, il n’y a plus qu’à, et surtout, il n’y a pas de règles. Certaines personnes s’en amusent une fois seulement quand d’autres en font une habitude. D’autres encore se prennent au jeu lorsqu’ils se masturbent, seuls. Comme quoi, les tournages maison sont parfois aussi intimes et singuliers qu’un bon film d’auteur. Témoignages de celles et ceux qui ont déjà épousé (sexuellement) la caméra, avec poésie, frilosité, humour ou fierté.
Hugo, 32 ans : « Je ne filme pas quand c’est de l’amour, juste des pratiques transgressives »
Ma première « réalisation », c’était il y a bien dix ans déjà, sans doute pour faire comme dans les films… Pas les pornos, juste ceux où les acteurs allument une caméra dans le feu de l’action, parce qu’ils sont chauds. Ça m’a inspiré plus d’une fois, jusqu’à ce que je saute le pas. Je l’ai fait avec quelques partenaires sexuelles, mais jamais avec mes nanas et encore moins avec ma copine actuelle, dont j’attends un enfant ! Je ne filme pas quand c’est de l’amour, plutôt des scénarii ou pratiques atypiques : soumission ou facial par exemple… Pour moi, le film le plus dingue, c’était avec ma boss, il y a cinq ans, le genre de nana inabordable parce qu’épatante, à la tête d’un gros service dans une grosse boîte, qui ne vivait que pour son taf. On a fait l’amour dans ma bagnole, mais avant d’y entrer, j’ai filmé la fellation sur le parking…
Je garde les meilleurs moments et supprime le reste. Je ne regarde jamais dans la foulée. Je suis plutôt du genre à les regarder des mois ou des années après. Il y a comme un sentiment de nostalgie, une période et un contact révolus, si bien que c’est inaccessible, donc presque plus excitant. Personne n’est jamais tombé sur les vidéos car elles sont très bien cachées : dans un disque dur et pour les plus récentes, dans un dossier caché avec un mot de passe dans mon téléphone. Bien que je me fiche d’être démasqué, je ne veux pas que mes partenaires le soient et que cela puisse leur nuire !
Cécile, 34 ans : « Je me filme quand je me masturbe et je regarde en direct mon sexe en gros plan »
Je n’ai jamais utilisé mon smartphone pour filmer le sexe en couple. J’y ai déjà pensé, mais je n’ai jamais osé questionner mes partenaires. Néanmoins, toute seule, ça m’arrive de temps en temps, et je crois que j’ai commencé à faire ça quand j’ai eu mon premier smartphone. Il y a quoi, sept ans, huit ans… Je me caresse d’une main et je me filme de l’autre. Je trouve ça super excitant. J’aime me dire que je suis filmée, ça rend mon plaisir plus important, mon sexe devient un acteur de blockbuster, ça décuple complètement mes sensations.
Mais surtout, je filme quelques secondes, puis je regarde. Quelque part, c’est ce qui compte pour moi : voir mon sexe en gros plan, parce que mine de rien, j’ai beau être souple, ce n’est pas vraiment possible. La qualité du smartphone n’est pas extraordinaire, mais bon, ça fonctionne quand même. J’aime ce que je vois, tout comme quand je regarde un porno et que le sexe des actrices et des acteurs m’excitent. Sauf que cette fois, c’est le mien. Ensuite, j’efface tout. Ce sont vraiment des films ponctuels, des supports pour mon petit jeu à moi.
Grégoire, 38 ans : « Une petite crainte à la Black Mirror est venue alimenter l’excitation… Et si on était vu ? »
Ce n’est arrivé qu’une seule fois, il y a environ quatre ans. C’était avec une PQR (plan cul régulier, ndlr) de l’époque, notre relation était essentiellement basée sur le sexe, et on aimait tenter des trucs, du sexe dans les bars, des messages chauds, du sexe par écrans interposés, et puis un jour, on a eu envie de se filmer, avec la hâte de visionner le résultat. Nous avons tous les deux activé nos smartphones.
J’ai un souvenir agréable, ça nous excitait de nous voir en « petits » sur nos écrans. L’effet miroir, dimension médias en plus, joue un rôle. Prendre conscience que ça tourne, que le rapport existe vraiment et est enregistré, ça donne presque l’impression d’être vu par la terre entière. Une petite crainte à la Black Mirror vient alimenter tout ça. Ce n’était pas spécialement beau, mais peu importe, ce n’était pas le but recherché. Quelques jours plus tard, on a visionné le résultat, on n’a pas trouvé ça dingue à vrai dire, mais ça a eu le mérite de nous mettre dans l’ambiance. En tout cas, et étonnement, on a préféré le tournage au visionnage !
Source : Journal des femmes


