Crise démographique en France : la naissance en chute libre
Une baisse inquiétante du nombre de naissances en France
En dix ans, la France a connu une baisse significative du nombre de naissances. Selon un rapport de l’Observatoire Hexagone, le nombre de bébés nés chaque année a diminué de 155 000, soit une chute de 19 %. Actuellement, le nombre de décès dépasse celui des naissances, ce qui marque une inversion du solde naturel.
Ce phénomène est inédit en dehors des périodes de guerre. La tendance s’explique par plusieurs facteurs, notamment une baisse du désir d’enfants chez les jeunes. En 2005, le nombre d’enfants souhaités chez les 18-24 ans était de 2,46 par femme. En 2024, cette moyenne est tombée à 1,88.
Par ailleurs, la vie en couple, qui favorise la naissance d’enfants, devient moins fréquente. En 1990, 63 % des femmes de 25 ans vivaient en couple. En 2021, ce pourcentage est passé à seulement 44 %.
Les contraintes matérielles jouent également un rôle. La hausse des prix des loyers et le coût de la vie dissuadent certains jeunes de fonder une famille. La proportion de jeunes adultes de 18-28 ans qui ne souhaitent pas d’enfants a fortement augmenté : ils étaient seulement 4 % en milieu des années 2000, contre 13 % des femmes et 15 % des hommes aujourd’hui.
Les projections pour l’avenir sont contrastées. Si le solde migratoire reste stable, la population française pourrait atteindre 70 millions d’habitants en 2050. En revanche, si la baisse de la fécondité continue, la population pourrait chuter à moins de 30 millions d’ici 2125.
Un appel à la relance démographique
Face à cette situation, le gouvernement tente d’encourager les Français à faire plus d’enfants. En janvier 2024, Emmanuel Macron a évoqué la nécessité d’un « réarmement démographique » et d’un « grand plan contre l’infertilité ». Il a souligné que la France a longtemps été un pays où la natalité était une force, mais que cette dynamique s’est affaiblie ces dernières années.
Des mesures ont été mises en place pour soutenir les jeunes parents. Parmi elles, la création d’un « congé de naissance » prévu pour tous les bébés nés à partir du 1er janvier 2026. Ce dispositif, annoncé dans le cadre du budget de la Sécurité sociale, doit entrer en vigueur dans le courant de l’année, selon le ministère de la Santé.


